Les « clients » de la prostitution demeurent sourds à la souffrance de leurs victimes

7 Sep

Le 2 septembre 2014, Victor Malarek, auteur de l’ouvrage « Les prostitueurs. Sexe à vendre … Les hommes qui achètent du sexe », a publié un texte intitulé « Ce que les clients ne veulent pas entendre ». La traduction française de ce texte est transmise en intégralité ci-dessous.

Les prostitueurs - Victor Malarek

« Nous sommes au 21e siècle et, partout dans le monde, des dizaines de millions de femmes et d’enfants sont réduitEs à l’esclavage à des fins strictement sexuelles.

Et chaque année, des centaines de milliers de femmes et d’enfants sont amenées par la traite à l’étranger et d’un État à l’autre aux États-Unis pour alimenter le commerce du sexe.

Quand j’ai enquêté sur les causes de cette calamité mondiale que constitue l’esclavage sexuel, j’ai découvert rapidement sa principale raison : DES HOMMES – des hommes qui considèrent que parce qu’ils ont de l’argent, ils ont le droit de louer et d’envahir le corps d’une femme.

Lors de toutes mes recherches, j’ai observé les pires des hommes qui louent les corps des femmes et des enfants. J’ai constaté leur indifférence complète envers un autre être humain, leur profonde indifférence et leur mépris à l’égard des personnes prostituées, leur immense impression de leur bon droit et le royaume de l’illusion où ils règnent en monarques.

Et j’ai vite appris que les prostitueurs ne veulent pas entendre le moindre écho de l’incroyable souffrance humaine qu’ils causent dans le monde entier.

Ce que j’ai constaté c’est que la seule chose qu’ils veulent et dont ils ont besoin, c’est de croire aux mythes entourant la prostitution : les mensonges et la propagande qui protègent leur sommeil du juste.

Aujourd’hui, les hommes qui sortent le soir en quête de sexe tarifé s’accrochent agressivement au mythe selon lequel toutes les personnes prostituées le sont par choix et selon lequel elles gagnent de l’argent facilement – sans sortir de leur lit.

Les prostitueurs ne veulent rien savoir des récits tragiques de la façon dont la grande majorité des femmes et des enfants ont été contraintes à la prostitution.

Ils ne veulent pas savoir que des fillettes et garçons de cinq et six ans sont venduEs par leurs parents désespérément pauvres aux propriétaires de bordels au Cambodge, en Thaïlande et au Vietnam, pour être utiliséEs et violentéEs par des hommes amenés par le tourisme sexuel organisé.

Ils ne veulent pas savoir que, partout dans le monde occidental, la plupart des femmes et des enfants prostituéEs ont été recrutéEs dans l’industrie du sexe dès 12, 13 et 14 ans – des adolescentes fragilisées par la violence de leur environnement; des adolescentes victimes de familles brisées et de violences sexuelles infligées par leurs pères, grands-pères, oncles et amis de la famille au-dessus de tout soupçon – et dont l’innocence et l’estime de soi ont été détruites.

Les prostitueurs ne veulent pas savoir que la grande majorité des femmes et des enfants prostituéEs vivent sous le contrôle de proxénètes violents et les gangs du crime; que la plupart sont accros à la drogue, souvent forcés à cette dépendance par leurs proxénètes-dealers comme instrument de contrôle, et que la plupart des femmes et des enfants prostituéEs souffrent de graves problèmes de santé mentale.

Les prostitueurs ne veulent pas savoir comment les trafiquants rabattent et piègent de plus en plus de jeunes femmes et de filles peu méfiantes pour un insatiable marché mondial du sexe.

Ils ne veulent pas savoir comment ces jeunes femmes et ces filles sont amenées dans des « lieux de dressage » où elles sont rompues aux fins du commerce de la chair. Des lieux bien dissimulés – dans des métropoles comme Moscou, Belgrade, Milan, Berlin, Miami et New York – où elles sont battues, violées et forcées à se plier à toutes les exigences de leurs nouveaux propriétaires, et où elles sont dépersonnalisées jusqu’à n’être plus capables d’agir ou de penser par elles-mêmes.

Le seul moyen de survivre pour ces femmes et ces jeunes filles démunies de tout est la prostitution. Elles sont, en substance, contraintes à des actes désespérés, et il n’y a jamais de choix dans une situation de désespoir.

Voilà la dure, implacable réalité pour la grande majorité des femmes et des filles en prostitution, et les prostitueurs ne veulent rien entendre à ce sujet.

Ce que les prostitueurs veulent croire, c’est le mensonge selon lequel d’une certaine manière, comme par magie, une femme s’imagine soudainement d’elle-même que la prostitution serait une carrière enrichissante et merveilleuse!

Que ces jeunes femmes et les filles adorent être au service de plus d’une demi-douzaine de types d’âge moyen, des étrangers obèses, malodorants, en sueur et dopés au Viagra, parce que c’est un bon emploi lucratif!

Et c’est à cause de tous ces mensonges, cette propagande et les mythes absurdes perpétués par le lobby de légalisation de la prostitution que l’on voit s’aggraver la situation de dizaines de millions de femmes et d’enfants appauvriEs et fragiliséEs partout dans le monde.

C’est un fait que durant la dernière décennie, la demande masculine pour du sexe tarifé a fracassé tous les records.

Nul besoin de théorie ésotérique ou complexe pour expliquer ce qui se passe. C’est très simple.

Pour emprunter le jargon de la science économique, les femmes et les filles sont le produit; c’est le côté pile de la pièce de monnaie : l’« offre ». Et incrustés de ce côté sont les facteurs qui poussent les femmes et les filles à cette offre : pauvreté extrême, manque d’instruction, et l’éternelle aspiration d’êtres désespérés à améliorer leur sort.

Retournez la pièce et voilà le côté face de l’équation, la demande, et l’effigie sur la pièce est celle d’un homme.

Sans sa demande, il n’y aurait pas d’offre.

Il ne serait pas rentable pour les criminels et les proxénètes de rester dans cette entreprise si des pelotons sans fin d’hommes ne rôdaient pas dans les rues sombres pour acheter du sexe.

Les activités clandestines d’hommes à l’affût de rapports sexuels avec des femmes et des filles prostituées sont constamment justifiées avec des commentaires désinvoltes comme : « Les garçons sont comme ça… Il faut bien que jeunesse se passe. » C’est précisément cette attitude étrangement ancrée qui a conduit à l’explosion mondiale de l’achat de sexe par des hommes.

Je parle de ces mythes débiles et largement acceptés sur « le besoin masculin de sexe pour relâcher la tension », « la pulsion naturelle des hommes pour le sexe », le rôle de la prostitution « pour protéger du viol les femmes et les filles de qualité » et le « rite de passage censé initier les garçons à l’âge adulte ».

Peu importe la façon dont vous examinez la question de l’achat d’actes sexuels, vous ne pouvez pas échapper à une conclusion : toute cette débâcle mondiale des droits de la personne est entièrement le fait des hommes!

La dure réalité est que l’on fera peu de choses pour mettre fin à ce carnage sexuel international tant que les hommes n’en viendront pas à assumer la responsabilité de leur comportement.

Les hommes détiennent la clé pour mettre un frein à cette folie sexuelle parce que, contrairement aux dizaines de millions de femmes et de filles piégées dans l’industrie du sexe, les hommes ont le choix.

Les hommes peuvent faire des choix différents et c’est ce que font ceux qui se servent de leur boussole morale.

Traduction : TRADFEM »

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